vendredi 25 septembre 2015

Krönik | Mare Cognitum - Phobos Monolith (2014)


On peut toujours faire confiance à I, Voidhanger pour défendre une certaine vision de l'art noir, évolutive et (souvent) passionnante. MARE COGNITUM, la dernière signature de cette sous-division d'ATMF ne déroge pas à cette règle immuable, entité palpitant d'une sève aussi progressive que prolifératrice.

Ce one-man band californien n'en est pas pour autant à son coup d'essai, déjà auteur de deux précédentes offrandes et d'un split partagé avec SPECTRAL LORE. Ces quelques détails associés à un son superbe visuel, sont les précieux indices quant à la teneur de ce Phobos Monolith tentaculaire. Cosmique et mangeur d'espace, cet opus décolle très haut vers des sphères célestes où l'homme n'a pas sa place, oeuvre démiurgique venu des profondeurs d'un trou noir.

Consituée de quatre (très) longues pistes, celle-ci aurait pu paraître difficile d'accès, ardue à pénétrer. Elle aurait aussi pu s'essouffler en cours de route, ce genre de format épique n'étant pas donné à tout le monde. Or il n'en est rien. Mieux et osons le crier très fort, Phobos Monolith se pose d'emblée comme un monument de Black Metal atmosphérique. A son écoute, il est permis de penser un peu à AGALLOCH, pour la voix du seul maître des lieux, le dénommé Jacob Buczarski, la dimension folklorique et automnale en moins.

Ceci dit, une certaine tristesse ourle ces compositions priapiques, notamment 'Noumenon', titre plus posé que le reste du menu galvanisé par une énergie comme venu de la fin des temps. Sa première partie justifie à elle seule sa découverte. L'album s'ouvre en effet sur les 13 minutes de 'Weaving The Thread Of Transcendence', périple fantastique aux multiples aplats. Après une lente et instrumentale entame belle à pleurer qui étend un tapi d'ambiances doucement mélancoliques, le ton se durçit et le titre démarre finalement pour dresser une grandiose érection vers les étoiles. Soulignée par des nappes de claviers aux accents cosmiques, la guitare galope, traçant dans la terre de majestueux sillons.

Propulsé par des blasts tronboscopiques, 'Entropic Hallucinations' braconne sur les terres froides et mécaniques des DARKSPACE et autre BORGNE, pour un résultat aussi beau que cataclysmique. Si, du haut de 15 minutes au compteur, le terminal 'Ephemeral Eternities', ceint de touches plus ambient, n'évite sans doute pas quelques longueurs, ce maigre défaut ne grève en rien l'impressionnante réussite de Phobos Monolith tout du long envoûtant dont chaque écoute donne aussitôt envie de remettre le couvert., marque des grands albums s'il en est... (Childéric Thor@2015)

jeudi 24 septembre 2015

Krönik | Leaves' Eyes - King Of Kings (2015)


On ne présente plus, désormais, Leaves' Eyes, le groupe fondé par Liv Kristine après avoir été éjectée sans ménagement d'un Theatre Of Tragegy qui, ironie du sort, ne s'en est jamais remis. Depuis plus de dix ans, la Norvégienne mène son drakkar, toujours secondée par Alexander Krull (Atrocity), son chanteur de mari, accouchant de nouveaux albums à intervalles réguliers, sans compter ses escapades en solitaires, aussi sucrées qu'insipides bien qu'agréables. 

Sans avoir l'envergure d'un Nightwish ou d'un Within Temptation, son projet s'est donc imposé comme une valeur sûre du gothic metal sympho qu'elle honore avec élégance et une légère mélancolie. "King Of Kings" est (déjà) sa sixième offrande sous cette bannière. Les premiers contacts avec cet opus ne se révèlent pourtant pas très encourageants.  

Un titre pour le moins quelconque, tout juste digne d'un mauvais groupe de power metal et surtout l'impression que Leaves' Eyes cherche à braconner sur les terres de Nightwish, la flamboyance en moins, comme semble l'annoncer d'entrée de jeu le morceau éponyme aux arrangements grandiloquents, augurent d'une inspiration et d'une personnalité en berne. Heureusement, l'album vaut mieux que ces décevants préliminaires. Ses traits sont plus durs que sur "Symphonies Of The Night", son prédécesseur, à l'image de 'Halvdan The Black', sur lequel plane toutefois un peu trop l'ombre des Finlandais. 

Tavelé comme toujours de couleurs folkloriques ('Vengeance Venom'), le menu doit bien sûr beaucoup à la voix de Liv Kristine, capable de toutes façons à elle seule de sauver n'importe quelle chanson. Ses (nombreux) admirateurs seront enchantés par ses lignes ensorcelantes, clé arc-boutant d'un édifice certes peu novateur ('The Waking Eye'), mais aussi chaleureux qu'efficace. 

Si elle se coule à merveille dans un cadre épique, ce qu'illustrent les très réussis 'Edge Of Steel' et 'Blazing Waters', on la préfère finalement dans un registre plus intimiste, plus sobre sans doute aussi, témoin la ballade teintée d'amertume 'Haraldskvaedi', qui sied admirablement à la pureté cristalline de son timbre. 

Que dire d'autres à propos de "King Of Kings" si ce n'est qu'il s'inscrit dans la lignée de ses aînés dont il partage la même qualité, poursuivant une évolution plus cinématique encore, à l'œuvre depuis "Njord". Ni simple album de plus ni pierre angulaire de la carrière de ses auteurs, il peaufine une identité au charme délicieusement glacé. (Childéric Thor@2015)

mercredi 23 septembre 2015

Krönik | Satanic Warmaster - Fimbulwinter (2014)


Incapable de se contenter d'une seule maîtresse à lutiner, Werwolf multiplie depuis toujours les projets et autres collaborations plus ou moins durables, expliquant pourquoi SATANIC WARMASTER, son principal port d'attache, ne livre que très rarement un nouveau véritable méfait, quand bien même l'homme n'est jamais avare de sa maléfique semence qu'il crache régulièrement par le biais d'un grand nombre de démos, 7'' et autres lives. Mais il n'en demeure pas moins que le successeur de Nachzeher, offert en 2010, était fortement attendu.

Quatre ans plus tard déboule donc ce Fimbulwinter par ailleurs assez étonnant, non pour sa valeur, égale à celles de ses devanciers mais pour ses atours des plus mélodiques. Cela se vérifie à tous les niveaux, qu'il s'agisse de la prise de son, claire et tellement loin de la croûte grésillante et Evil à laquelle SATANIC WARMASTER nous avait habitué dans le passé, que de ces ambiances qui n'appuient jamais vraiment sur l'interrupteur, témoin la reprise de Vornat, 'Korppi' cependant que les claviers, de part leur importance, ont tendance à vider le menu de sa négativité ('When Thunder Hail') et ce, nonobstant la rapide brutale qui propulse une bonne moitié de celui-ci, à l'image de 'Dragon's Egg'.

Plus long que ses aînés, Fimbulwinter est en réalité en deux parties. A un premier segment, sans doute moins intéressante car plus quelconque et qu'animent les titres les plus directs, en succède ainsi un second aux pistes plus étirées, oscillant entre sept et huit minutes au jus, davantage portées sur les atmosphères sombres et glaciales. C'est tout d'abord 'Nuin-Gaer-Faun' dont une bonne moitié est instrumentale, puis 'Winter's Hunger' qui, après un furieux début, guidé par des guitares abrasives, mute en plage immobile aux couleurs hivernales, parfaite transition annonçant le terminal 'Silent Call Of Moon's Temples', lente respiration synthétique égrenant les notes minimalistes d'un Ambient Black Metal suintant une solitude infinie.

Malgré ses réelles qualités, cette nouvelle offrande déçoit quelque peu surtout après ses quatre années d'attente. On attendait mieux et plus sinistre de la part de SATANIC WARMASTER dont Nachzeher, notamment, demeure un modèle du genre. Reste un album efficace et très bien fait bien que trop vierge de cette froide et forestière négativité que nous recherchions... (Childéric Thor@2015)

mardi 22 septembre 2015

Krönik | High On Fire - Luminiferous (2015)


Quand bien même aucun mauvais disque ne plombe vraiment sa discographie, force est de reconnaître toutefois que, depuis une dizaine d'années, High On Fire alterne réussites majeures et semi-déceptions qui certes abattent toujours le petit bois. Au rang des premières, citons "Blessed Black Wings" et "Snakes For The Divine", dans celui des secondes, "Death Is This Communion" et "De Vermis Mysteriis". Un coup sur deux donc. 

En toute logique, "Luminiferous" devrait tout détruire sur son passage. Dont acte. Osons même le dire, cela faisait longtemps que les Américains ne s'étaient pas montrés aussi hargneux, prouvant, si besoin en était encore qu'ils restent les maîtres incontestés du stoner doom velu, celui qui sent sous les bras, celui qui fait peur, loin du psychédélisme mou du zizi et de la fumette. Encore que Matt Pike, leur leader, n'a jamais caché son attirance pour les paradis artificiels, illustrés par les galettes de Sleep, "Jerusalem" et "Dopesmoker". 

Bref, tout ça pour dire que cette septième enclume ne fait pas dans la dentelle, capable de faire trembler les murs. C'est d'ailleurs un véritable mur qu'érige le trio, mur de riffs granitiques contre lequel vient s'écraser une rythmique testiculeuse, à l'image des rouleaux de batterie telluriques du fidèle Des Kensel. L'album a quelque chose d'une curée à base de guitares épaisses et de chant rugueux biberonné au Destop. 

Alors soit, High On Fire ne quitte jamais les rails sur lesquels il est lancé à vive allure, hormis peut-être le temps de 'The Cave', espèce de power-ballad épique qui serait le fruit de la copulation entre Manilla Road et Motörhead. Qu'importe car c'est justement ce qu'on demande au groupe qui déçoit souvent lors de ses tentations évolutives ("De Vermis Mysteriis"). 

Laissant plus qu'affleurer des racines thrash qui n'ont jamais quitté ses géniteurs, "Luminiferous" galope à travers un champ de bataille ravagé, baignant dans la boue et le sang. Les cinq minutes et trente-deux secondes de 'The Black Plot' suffisent aux Ricains pour mettre les points sur les "i" et ce faisant, balayer tel un fétu de paille le souvenir mitigé laissé par le disque précédent. La messe est dite avec ce mammouth qui écrase tout sur son passage. 

Carburant au Viagra par boîte de douze, les gars affichent une énergie dure comme le roc, serrant le frein à main comme sur les implacables rouleaux-compresseurs que sont l'immense 'Carcosa' et 'The Falconist' ou bien fonçant au contraire pied au plancher le temps de cartouches plus trapues bien qu'aussi généreuses en plomb ('The Sunless Years', 'Slave The Hive'). L'orgasme est atteint lors du terminal et grondant 'The Lethal Chamber', temple monstrueux et cyclopéen qui vibre sous les coups de boutoir d'une force obscure et souterraine. 

Digne héritier de "Snakes For The Divine", "Luminiferous" s'impose donc comme une des meilleures offrandes de High On Fire. (Childéric Thor@2015)

lundi 21 septembre 2015

Krönik | Anthares - To My Last Breath (2014)


Dinosaure sur le papier, du haut de ses (quasi) vingt ans d'âge (voire même davantage si l'on compte ses débuts sous le nom de BLOODY HOPES), ANTHARES n'en demeure pas moins un groupe à l'aura modeste, la faute à une carrière ponctuée de trop longs silences. Mais les Français peuvent être considérés comme des vétérans de la scène Thrash hexagonale et cela s'entend. Doublement, dans la forme comme dans le fond.

D'une part, loin de quelques puceaux du son qui n'étaient même pas encore conçus lorsque MEGADETH publiait son Rest In Peace , les gars possèdent au contraire l'assurance tranquille de vieux briscards à la technique éprouvée quoique sans bavure. Ca, c'est pour la forme. D'autre part, nourris au Thrash originel, ils restent viscéralement attachés à une approche (désormais) old-school du genre, dépassée peut-être pour certains mais pourtant intemporelle. Voilà pour le fond, classique quoique efficace.

Scellant le retour de la formation bretonne après un hiatus discographique de seize ans, To My Last Breath se veut donc un album de Thrash à l'ancienne biberonné aux vieux METALLICA, à la Bay Area plus qu'à école française des LOUDDBLAST et autre AGRESSOR qui ont de toute façon toujours davantage lorgné vers le Death. Le chant hargneux de Julien n'est à ce titre, pas sans évoquer le Hetfield des débuts, comparaison des plus flatteuses s'il en est.

Disque à l'ancienne peut-être, le successeur de "Pro Memoria" ne saurait toutefois être perçu comme une rondelle poussièreuse et datée. Si la prise de son ne peut bien sûr soutenir la comparaison avec celle, monstrueuse, du Exhibit A d'EXODUS (pour rester chez les anciens), elle laisse néanmoins chaque instrument s'exprimer, s'épanouir avec une puissance authentique. Maintenant ferme une nerveuse érection, To My Last Breath déroule un menu tendu et testiculeux, mélodique et acéré à la fois, brochette d'hymnes tous plus imparables les uns que les autres, de ceux qui s'accrochent à la mémoire comme une moule à un rocher.

Sept titres, sept brulôts au format resserré auxquels on reprochera seulement de n'être pas plus nombreux car, après tant d'année d'abstinence, l'opus qui ne franchit même pas la barre des trente minutes au compteur, se pare d'un goût de trop peu. Au moins n'y a-t-il rien à jeter dans cette courte collection à l'intensité fermement dressée.

Et quel plaisir de pouvoir savourer un album de ce genre, direct, dépourvu d'esbrouffe et de prétention, un disque sincère, d'une admirable simplicité et toujours inspiré. Bref, un des meilleurs disques de Thrash entendu depuis longtemps, ni plus ni moins ! (Childéric Thor@2015)

dimanche 20 septembre 2015

Krönik | Amorphis - Under The Red Cloud (2015)


Depuis une dizaine d'années et l'arrivée de Tomi Joutsen derrière le micro, les albums d'Amorphis se suivent et se ressemblent (beaucoup). Constants dans une qualité d'écriture que rien ne semble devoir éroder, même pas l'usure du temps, les Finlandais restent fidèles à une empreinte reconnaissable entre mille. Au moins, son public ne saurait être déçu, trop heureux de piocher dans chaque nouvelle livraison son quota d'hymnes inusables. 

Il serait pourtant injuste d'affirmer que leurs offrandes sont interchangeables car de discrètes nuances les distinguent en réalité les unes des autres. Il suffit d'écouter "Under The Red Cloud" pour s'en convaincre, successeur du solide "Circle", lequel nous avait rassurés après un "The Beginning Of Times" inodore bien que plaisant, comme toujours. Alors certes, la recette demeure immuable, tout comme ce canevas basé sur dix titres au format resserré, ciselés comme une mécanique d'orfèvrerie. 

Selon son habitude, Esa Holopainen décoche des riffs ensorcelants beaux comme un chat qui dort, comme sur 'Bad Blood', sans doute le Valhalla de l'album, les claviers de Santeri Kallio étendent un tapis soyeux tandis que Joutsen alterne grognements caverneux de sangliers en rut et chant clair, cadre connu néanmoins perturbé par un ton (un peu) plus dur qu'à l'accoutumée. 

De fait, si l'ensemble sonne toujours très mélodique, teinté de couleurs folkloriques ('Sacrifice'), les racines extrêmes du groupe font cette fois-ci plus qu'affleurer à la surface grâce à un Tomi plus hargneux que jamais, témoins par exemple les sombres 'The Skull', aux lointaines réminiscences de "Far From The Sun" et surtout 'The Four Wise Ones'. Nous ne manquerons pas de signaler aussi les touches orientales qui drapent 'Death Of A King' et 'Enemy At The Gates', dont la noire et lourde architecture surprend agréablement. 

Vous l'aurez donc compris, ce n'est pas encore cette fois qu'Amorphis décevra ses fans. Relativement plus death que ses directs prédécesseurs, "Under The Red Cloud" s'impose peut-être comme le meilleur opus des Finlandais depuis "Skyforger". Ce faisant, il illustre la forme éclatante d'un groupe qui ne fait décidément pas ses 25 ans d'âge. (Chiléric Thor@2015)

samedi 19 septembre 2015

Krönik | Mesmur - S/T (2014)


Ce qu'il y a de chouette avec la technologie d'aujourd'hui et la dématérialisation, c'est que des musiciens localisés en divers points du globe peuvent tout de même se réunir et monter un groupe !

Tel est ainsi le cas de MESMUR, formation qu'on peut donc qualifier d'internationale, dont les membres sont basés aux Etats-Unis, en Norvège et en Australie ! Pourtant musique sombrement organique, le Funeral Doom que forge cette nouvelle entité ne souffre ni de l'éclatement de ses ressources humaines ni du pedigree finalement assez obscur de ses géniteurs.

Au contraire car ce premier essai éponyme s'impose même d'emblée comme une des plus vertigineuses - et donc aussi une des plus réussies - offrandes que cette chapelle doloriste nous ait offert depuis longtemps, à tel point que celui-ci semble être l'oeuvre de prêtres chevronnés ayant le doom funéraire chevillé au corps. Or ce n'est pas le cas. Le mérite de MESMUR n'en est donc que plus grand.

L'album est de ceux qui se vivent, se ressentent plus qu'ils ne se décortiquent (vainement) dans les moindres détails. Face à cet opus aux allures de bloc austère, sa genèse, sa conception, importent assez peu, pétrifiant sur place le pèlerin qui ose s'aventurer dans ses terrifiantes arcanes. L'oeuvre tire une bonne part de sa réussite de sa pureté. Pureté de traits que ne parasitent jamais aucun kystes extérieurs. Pureté de ton que mine une mélancolie aussi belle qu'absolue.

Entre EVOKEN et MOURNFUL CONGREGATION, MESMUR reste en définitive fidèle à une vision du genre classique, aux frontières d'un death doom rocailleux. Ce qui ne signifie absolument pas que son art soit daté car, grondant d'une véritable puissance souterraine capable de faire trembler les murs. L'opus déroule un menu aux lignes sévères et épurées qu'incarnent cinq longues plaintes dont le pesant monolithisme est brisé, ici par une cendreuse accélération ('Deprivation'), là par de discrètes notes de piano fantomatiques et néanmoins mélodiques ('Abnegate').

Malgré la triste beauté d'une toile enveloppante que tissent les guitares ('Descend'), peu de lumière ne filtre cet impénétrable rideau de brume qu'étend chant d'outre-tombe et rythmique en apnée. Mesmur est comme une marche funéraire sans espoir de retour, plongée dans l'indicible d'une force granitique, route menant à une cathédrale de désespoir dont les parois, froides comme la roche en hiver, s'abîment dans les profondeurs de la terre. (Childéric Thor@2015)