mercredi 16 septembre 2015

Krönik | Drudkh - A Furrow Cut Short (2015)


On a beau aimer Roman Saenko, le trouver talentueux et le suivre depuis une bonne quinzaine d'années, il est cependant de bon ton aujourd'hui de reconnaître l'incontestable érosion de sa créativité. Entre un Hate Forest jamais remplacé, un Dark Ages, son jardin secret dark ambient aussi méconnu que gigantesque, désormais dans la fosse, et une multitude de projets à l'avenir incertain (Rattenfänger, Precambrian) ou déjà enterrés à l'image du sous-estimé Old Silver Key, la direction que prend la carrière de l'Ukrainien parait confirmer ce déclin sinon cette aura disparue, celle qui nappait jadis les premières offrandes de Drudkh qu'il n'est plus jamais vraiment parvenu à capter de nouveau, au moins depuis "Microcosmos", quand bien même "Handful Of Stars", par exemple, égrenait encore et à sa manière sinistre un feeling désespéré à souhait. 

Mais, si chaque nouvel opus de l'un de ses groupes laisse tout d'abord une impression positive, force est pourtant d'admettre que le temps leur est souvent fatal. Que retenir en effet de "Dark Star On The Right Horn Of The Crescent Moon" de Blood Of Kingu ou de "Eternal Turn Of The Wheel" de Drudkh justement ? Un sort identique sera-t-il réservé à "A Furrow Cut Short" ? Les nombreuses heures passées à l'écouter nous laisse pourtant penser qu'il a le potentiel pour bien vieillir, pour imprimer son empreinte dans un sol ensanglanté. 

Non pas que Saenko ait réussi à raviver la flamme mélancolique qui brûlait dans le cœur de "Forgotten Legends" mais avec ce dixième album (déjà !) sous la bannière de ce black atmosphérique maintes fois copié et néanmoins rarement égalé, il tend (enfin) à faire progresser son art, à briser certains automatismes, quoique sa signature reste reconnaissable entre mille, surtout depuis que son line-up s'est stabilisé autour de l'inébranlable duo qu'il forme avec le fidèle Thurios. 

Premier constat, le groupe a abandonné les intros, outros et interludes de rigueur pour ne coucher sur bandes que de vrais titres qui, pour la plupart, gravitent autour des dix minutes au compteur, format toutefois habituel pour nos Ukrainiens. Deuxième constat, ceux-ci semblent avoir trouvé l'équilibre juste entre d'un côté une noirceur froide et haineuse, que le chant rageur incarne parfaitement, et de l'autre cette lancinante mélancolie, cet éclat atmosphérique qui ont fait leur réputation. Troisième et dernier constat, les nappes de claviers se font cette fois-ci plus discrètes, ce qui est (forcément) une bonne nouvelle. 

Il en résulte un album certes dans la lignée de "Eternal Turn Of The Wheel", pour le son et une certaine âpreté notamment, cependant plus proche de "Blood In Our Wells" que de "Handful Of Stars". L'œuvre marque surtout le retour des grandes compositions, celles qui creusent de profonds stigmates dans la mémoire et feront date à coup sûr. 

Tel est le cas dès le premier diptyque de l'album, 'Cursed Sons', lequel traduit toute cette ambivalence, conjuguant férocité tranchante et envolées envoûtantes. Rapide bien que fissuré dans sa seconde partie par des breaks aussi superbes que lancinants pendant lesquels la basse sonne avec une rondeur tellurique, 'To The Epoch Of Unbowed Poets' se révèle du même tonneau. 

Plus lent, 'Embers' ouvre de vastes et épiques paysages tandis que le second segment de 'Dishonour', en plongeant dans le passé, nous rappelle quel grand groupe demeure toujours Drudkh même si la magie de l'époque "Forgotten Legends" et "Autumn Aurora" s'est définitivement envolée, ce que l'on a depuis longtemps compris... (Childéric Thor@2015)

mardi 15 septembre 2015

Krönik | Sources Of I - Faces (2015)


A la différence de bien d'autres peintres de l'art noir qui comme lui sont pris de frénétiques diarrhées créatrices, Déhà ne compte pas parmi ces misanthropes reclus chez eux bricolant tout seul dans leur coin des rondelles par palettes entières, aimant au contraire mêler sa généreuse semence à celles d'autres êtres vivants. C'est pourquoi, à peine installé dans la capitale bulgare, l'homme s'associe déjà avec une poignée de musiciens du cru afin de former un nouveau projet, un de plus, dont le premier signe de vie vient encore grossir une discographie bourgeonnante.

SOURCES OF I, c'est son nom, rassemble donc autour de notre cher multi-instrumentiste, des gars issus de groupes tels que INSPELL ou DIMHOLT, inconnus chez nous mais jouissant semble-t-il d'une certaine réputation là-bas. Présent aussi bien devant (chant et basse) que derrière la console, Déhà leur apporte son savoir-faire, assurant de facto la réussite de cette plutôt prometteuse carte de visite. Maigre par son format car long d'à peine vingt minutes, Faces n'a pas besoin de plus pour témoigner du potentiel de ses géniteurs.

Ainsi, en trois titres dégorgeant de grandes qualités de canevas aussi bien que d'atmosphères, ce EP esquisse un Black Metal que contaminent de mortifères kystes doom. Animé par trois pistes, le menu doit beaucoup à la première d'entre-elle, la meilleure du lot, la plus belle aussi, longue rumination de près de dix minutes au garrot et parfaite illustration d'une identité déjà fixée. 'Discrepancy Of Life' dévoile les atours d'un metal noir aussi malsain que sinueux dont l'architecture foncièrement dynamique trahit à la fois une écriture très élaborée et sa difficile définition.

De fait, si le chant hurlé, les guitares pollués et la lenteur de certains aplats pourraient arrimer SOURCES OF  I au courant DSBM, de multiples détails, à commencer par une dureté de traits et un tempo qui s'emballe sournoisement, viennent en partie infirmer cette impression. Ce que confirment ensuite le plus resserré 'Shadow Of The Stars' puis 'When You Will Close My Eyes', qui évoquent, de manière certes lointaine, le SHINING originel (celui de Livets Ändhållplats), en plus mélodique quoique tout aussi froid dans son expression d'une négativité plus introspective qu'agressive.

S'il n'est pas la progéniture la plus aboutie de Déhà, il n'en demeure pas moins que SOURCES OF I n'est pas qu'un simple projet de plus, ayant sa raison d'être et une personnalité réelle que déflore ce Faces dont la courte durée ne l'empêche pas d'être alléchant et d'annoncer ce faisant quelque chose de plus grand encore. (Childéric Thor@2015)

lundi 14 septembre 2015

Krönik | The Sword - High Country (2015)


Si les grands albums se reconnaissent (souvent) par cette capacité précieuse à ne se dévoiler que par petites touches pointillistes, alors "High Country" en est un. Incontestablement. 

Car on ne retient tout d'abord pas grand-chose de ce cinquième album de The Sword dont le menu est mité par de nombreuses pistes très (trop) courtes. Quand bien même ses auteurs ne se sont jamais distingués par le goût pour les compos épiques, ce canevas à base de quinze titres n'est pas de très bon augure. Décevante se veut donc sa défloration, surtout pour les fans de la première heure, dont fait partie votre serviteur, lesquels estiment, non sans raison, que les Américains ont bien changé depuis "Age Of Winters" en 2006, troquant progressivement leur stoner doom nourri à la mythologie nordique pour un hard rock solidement ancré dans la terre du Texas, évolution que ce nouvel opus scelle aujourd'hui (sans doute) de manière définitive. 

Ceci dit, le groupe possède une identité bien marquée, toujours reconnaissable, notamment grâce au chant du guitariste en chef J.D. Cronise. Puis, comme cela arrive parfois, le miracle survient, le charme finit par opérer, la magie s'installe, durablement. Malgré une intro sans intérêt en guise de préliminaire, les qualités de "High Country" se dressent peu à peu  pour finalement exploser en un puissant geyser d'effluves terreux et électriques. 

Ecriture ramassée et mélodies insolentes de beauté définissent cette collection d'hymnes énergiques dont les traits laisseront de durables sédiments dans la mémoire, joyaux ciselés comme de petits tableaux où chaque détail compte. De fait, comment résister à des titres tels que 'Empty Temples', 'Tears Like Diamonds' ou 'The Dreamthieves' et ces nappes de claviers délicatement spatiales, pour n'en citer que trois ? Impossible. Tout y est, la classe, le feeling, le talent. 

Habillé d'une prise de son rugueuse, l'album doit aussi sa réussite à sa diversité, alternant mécaniques fonçant pied au plancher, à l'image du fabuleux instrumental tout en progression 'Suffer No Fools' et pulsations lentes et ambiancées dont la plus belle se révèle certainement être 'Seriously Mysterious', nimbé lui aussi de volutes cosmiques et enrichi de chœurs séduisants. Faussement simple, chaque pièce composant "High Country" mériterait en réalité d'être nommée, preuve en est, à la fois de la maîtrise de The Sword, ce que nous savions déjà, et surtout de la valeur de ce disque, ce dont nous doutions quand même un peu au départ. 

Moins doom que "Gods Of The Earth", moins stoner que "Warp Riders", ce cru 2015 des Américains est tout simplement un grand disque de Rock avec un grand R, évidente pierre angulaire d'une carrière qui ne cesse de s'enrichir.

dimanche 13 septembre 2015

Krönik | Aries - D'ombres et de flammes (2015)


Premier (petit) signe de mort, étirant toutefois sa toile sur plus de 25 minutes, d'un groupe aux allures de one-man band qui n'a vu la nuit qu'il y a quelques mois à peine, D'ombres et de Flammes , n'en mérite pas moins l'attention et ce, pour plusieurs raisons.

D'une part parce que cette modeste auto-production qui agglomère quatre titres, n'a rien de l'étron vite-fait mal-fait. Au contraire, elle développe un concept ambitieux sinon intéressant inspiré du romantisme du XIXème siècle, ce qu'illustrent à la fois le visuel tiré de l'oeuvre "Le char de la mort" du peintre Théophile Schuler, ainsi que les textes écrits dans la langue de Molière et dont le second, celui de 'Souvenir du pays France', est bien entendu un poème de Châteaubriand.

D'autre part, enfin et surtout, car ARIES esquisse déjà un art dont on devine que ces quatre titres n'en font que déflorer l'évident potentiel. Mélodiques et constamment dynamiques en ce sens qu'elles reposent sur un socle aux reliefs accidentés, ces compositions arborent les traits abrupts d'un Black Metal traditionnel mais nerveux, aux accroches acérées et que déchirent des breaks sournois. Ouvrant les cuisses de ce EP, le morceau éponyme témoigne de ces qualités, sombre saillie dont la trame véloce est perforée par de lourdes crevasses.

'Souvenir du pays de France' et ses arpèges en guise de préliminaires, 'Poussières de Renaissance', aux modelés plus atmosphériques bien que secoués d'accélérations tempétueuses, puis 'Hyperborée' et ses lignes de guitare obsédantes, complètent ce solide tableau auquel certains grincheux reprocheront sans doute de pâtir d'une prise de son un peu trop crue alors qu'elle confère justement à l'ensemble son authenticité ainsi qu'un feeling sévère qui lui sied plutôt bien.

S'il serait exagéré de faire de cet opuscule une découverte incontournable mais que ses auteurs ne manquent pas d'idées, livrant un galop d'essai dont ils n'ont pas à rougir car largement au-dessus du lot de la production courante. Un groupe à encourager donc et que nous suivrons avec non moins d'intérêt... (Childéric Thor@2015)

samedi 12 septembre 2015

Krönik | Black Trip - Shadowline (2015)


Formé en 2004, ce n'est que neuf ans plus tard que la carrière de Black Trip démarre vraiment, en livrant (enfin) un premier album, "Goin' Under", long tunnel qui peut sans doute s'expliquer par le peu de temps que son principal fondateur, Peter Stjärnvind, a à lui accorder pendant toutes ces années, trop occupé entre Entombed dont il est le batteur entre 1997 et 2006, Nifelheim, Krux et bien d'autres encore.

Son agenda le lui permettant désormais, ce véritable mercenaire de la scène extrême suédoise semble vouloir maintenant se concentrer sur ce projet dans lequel il tient la guitare (et autrefois la basse). Autour de lui, nous retrouvons une belle brochette de musiciens au sombre pedigree, de Dismember à Necrophobic, de Ordo Inferus à Exhumed. Bref, du lourd, du evil, du qui ne rigole pas.

Etonnamment ou non, Black Trip ne braconne pourtant pas sur ces champs démoniaques ou putrides, mais galope à travers les terres d'un heavy metal franchement old school, celui des premiers Maiden. En moins punk et plus lisse toutefois car gorgé de mélodies racées. Qualité qu'il doit autant au chant de Joseph Tholl (Enforcer) qu'à ses lignes de guitares certes nerveuses mais surtout entêtantes.

Le résultat est cette seconde cuvée, baptisée "Shadowline", collection d'hymnes tous plus imparables les uns que les autres, serrés dans ce menu râblé d'une petite quarantaine de minutes. Comme souvent avec les Suédois, l'album est difficile à prendre en défaut. Dépouillée, la prise de son claque et reste moderne, ça joue bien, au point de croire que le heavy coule dans les veines de ces gars depuis toujours, ce qui est peut-être bien le cas d'ailleurs.

Rien à dire donc, tout y est. Une seule écoute suffit pour être ferré, grâce à cette science immuable du riff qui fait mouche, de la mélodie accrocheuse qui s'imprime durablement dans la mémoire, de 'Die With Me', qui ouvre les portes jusqu' au point final 'Coming Home'. Lent parfois, à l'image du reptilien 'Subvisual Sleep' qui trace des lignes fascinantes, bien que le plus souvent rapide, lancé comme un bolide, "Shadowline" va à l'essentiel.

Opus simple et sans fioritures, son magnétisme trahit cependant un vrai travail d'orfèvre ('Sceneries'), expliquant sa réussite et sa supériorité par rapport à tous ses concurrents aux regards braqués dans le rétroviseur du passé. Tout aussi nostalgique et peu original, Black Trip a pour lui cette inspiration d'une classe insolente et naturelle qui fait la différence et lui permet de s'élever bien au-dessus du banal trip vintage à la mode. Il paraît ainsi bien difficile de résister à cet album taillé pour le live. (Childéric Thor@2015)


mercredi 15 avril 2015

Krönik | Code - Mut (2015)


Curieuse – et décevante pour certains – trajectoire que celle de Code, au départ un groupe extraordinaire auteur d’un premier album – « Nouveau Gloaming » –  incarnant à lui seul, le renouveau justement, d’un art noir à la fois évolutif et féroce, ambitieux et crépusculaire mais à l’arrivée, une formation de (quasi) metal progressif vaguement arrimée au Black Metal qui semble avoir perdu en route plus que son fabuleux chanteur, le grand Kvohst, parti baguenauder avec son Hexvessel du côté d’un Dark Folk bucolique mais surtout son âme et ce, nonobstant les qualités intrinsèques de « Augur Nox ».

A l’écoute de son successeur, on mesure non pas que ce troisième opus fut un second chapitre comme nous étions alors nombreux à le penser mais une oeuvre charnière, transition entre des débuts sous le sceau du metal noir et une évolution vers une musique plus progressive (ce qu’elle a certes toujours été) sinon atmosphérique. De fait, si son prédécesseur laissait encore affleurer à sa surface les lointaines racines extrêmes de son principal auteur, le guitariste Aort, par ailleurs bassiste chez les doomeux d’Indesinence, « Mut » largue franchement les amarres pour accoster des terres qui, bien qu’encore belles et réussies, se noient dans un notable manque de personnalité.

Le chant de Wacian, bien qu’excellent, n’est sans doute pas pour rien dans cette singularité en berne tant ses lignes vocales font parfois plus qu'évoquer celles d’un Daniel Gildenlöw (Pain Of Salvation), comme l’illustre notamment un titre tel que ‘The Bloom In The Blast’. Il y a pire référence, bien entendu, pour autant, alors qu’il forgeait dix auparavant un art qui n’appartenait qu’à lui, Code parait désormais loucher vers ce rock mélancolique, quoique toujours un peu tordu, (trop) à la mode. Ceci dit, « Mut » possède au final presque plus de charme voire de réussite que « Augur Nox », grâce à un menu serré et très bien fait qu’émaillent nombre de perles aux allures de travail d’orfèvre, parmi lesquelles nous pouvons citer le magnifique ‘Dialogue’, puissamment émotionnel, ‘Inland Sea’, le percussif et déglingué ‘Affliction’ sans oublier ‘Undertone’.

En outre, comme le laisse deviner le temps anormalement court qui ses deux dernières livraisons, on sent que les Anglais ont trouvé depuis quatre ans et un nouveau line-up désormais parfaitement en place, un second souffle, gagnant en énergie intimiste ce qu’ils ont perdu en personnalité. Et puis tant pis si ce n’est plus vraiment le même groupe et si quelques ayatollahs fans de la première heure font la gueule… (Agonia Records | Sound Protest)



mardi 14 avril 2015

Krönik | Les Mémoires Fall - Endless Darkness Of Sorrow (2014)


Art de la douleur, le Doom a peu à peu essaimé à travers toute la planète, quand bien même les longues nuits d'hiver, les paysages désolés, forment un cadre plus propice à sa prolifération que des terres écrasées par le soleil. Etonnamment (ou non), l'Amérique latine est parsemée de chapelle en honneur à cette déesse de la tristesse. Fungoid  Stream en Argentine, Mar De Grises, Mourners Lament ou Aura Hiemis au Chilie, sont quelques uns de ses révérends. 

Les Mémoires Fall a vu quant là lui la nuit au Brésil. "Endless Darkness Of Sorrow" est sa première véritable hostie toutefois précédée d'un split avec Lugubres deux ans plus tôt. Ce curieux nom cache un groupe nostalgique du gothic doom des années 90, comprendre avec du chant féminin accouplé à des grognements de bête en rut dedans donc. La recette est connue et l'intéressé ne cherche d'ailleurs pas à s'en éloigner ni à en briser les codes, ce que confirme de toute façon le caractère inodore du titre de l'album. 

Et malgré ses faiblesses de forme dont une prise de son qui peine à cacher son manque de moyens et de fond (des voix féminines hésitantes), ce galop d'essai n'est pas sans charme, celui des premières fois, maladroit mais touchant, celui propre à cette scène latine détentrice d'une identité particulière qui n'a rien à voir avec celle des paroisses plus septentrionales. Les Mémoires Fall possède à sa manière, modeste et artisanale (ce n'est pas un gros mot), ce son crépusculaire et ténébreux que l'on croise chez la plupart de ces lointaines formations du Sud de l'Amérique. 

Evoquant le spectre du UK doom, "Endless Darkness Of Sorrow se déploye par le biais de longues plaintes dont certaines sont très belles, telles que l'inaugural "River Of Pain" ou bien encore "The Sun Fell". Gluants, les claviers soulignent heureusement plus les ambiances qu'ils ne les tracent, rôle tenu par les guitares sécrétatoires d'une mélancolie aux touches à la fois diaphanes et cendreuses. 

Ce premier opus des Brésiliens est à prendre pour ce qu'il est, rondelle séminale dont le (petit) charme naît justement de ses défauts et de la simplicité de ses traits, agréables à l'heure des disques sur produits. Car le doom a toujours tiré une bonne part de sa beauté, de son âme également, d'un son tout en aspérité. (Shapeless Vision Records | La Horde Noire)