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samedi 31 octobre 2015
dimanche 25 octobre 2015
mercredi 21 octobre 2015
dimanche 11 octobre 2015
mercredi 7 octobre 2015
Krönik | Celestial Dirge - Cerulean Arcanes (2015)
CELESTIAL DIRGE. Finalement, tout est dans l'ambivalence de ce nom charriant des images à priori opposées, contraditoires, faites de beauté, de spiritualité d'un côté, de noirceur funèbre, de contemplations mortifères de l'autre. Entre ombre et lumière, entre clair et obscur, entre puissance élégiaque et pesanteur mécanique, telle est l'identité tant sonore que thématique, tout du long écartelée, cuisses béantes qui mettent à nue une intimité dont les méandres ténébreuses sont comme une porte ouverte vers un inconnu paré de mystérieuses promesses.
La chose porte l'incontestable marque du label Distant Voices en cela qu'elle répond à la plupart de ses critères, entité étrange sur laquelle on ne sait (presque) rien si ce n'est le fait qu'elle est l'oeuvre de deux créatures anonymes ayant vu la nuit en Amérique du Nord, entité qui érige un art organique et saccadé qui maraude quelque part entre Black Metal, Ambient et Drone. Cerulean Arcanes est son premier râle de mort, souffle terrifiant comme expulsé des entrailles de la terre.
C'est un EP qui s'arc-boute autour de deux longues pièces instrumentales, lequelles remplissent pas loin d'une demi-heure de sonorités et hypnotiques et oppressantes à la fois. Sa forme le permettant, plongeons-nous dans les sombres arcanes de cet opus. Long de près de 18 minutes, '33' est une pulsation aux dimensions monumentales et aux telluriques ramifications. Elle n'est d'abord qu'un son désincarné qui s'élève peu à peu. Puis son pouls commence à se faire entendre, perçant la surface.
Mais il faut attendre la moitié de son parcours pour que le titre démarre réellement, s'embale enfin, emporté alors par une batterie programmée cependant que des rushs de guitare permettent de larguer les amarres. D'un coup, nous voilà propulsés dans un trou noir au bout duquel pourtant brille pourtant une pale lumière, celle qu'irradient des sphères célestes aux allures de Graal spirituel.
Un (peu) plus court, 'HVR' se veut plus contemplatif dans son expression tout d'abord presque immobile, étendant à l'infini un tapi aux motifs aussi répétitifs qu'obsédants qui confinent à une forme de transe abyssale. Une sorte de langueur glaciale en fige la progression, où les tentatives de mouvement sont vite avortées au profit d'une exploration en apnée dans les profondeurs d'une obscurité sans fin... Vide de sens pour certains, "Cerulean Arcanes" est pourtant l'acte de naissance d'un projet qui devrait être passionnant à suivre. (Childéric Thor@2015)
mardi 6 octobre 2015
dimanche 4 octobre 2015
vendredi 2 octobre 2015
Krönik | Absolutus - Pugnare In Iis Quae Obtinere Non Possis (2015)
Quasiment disparu des écrans-radar depuis une dizaine d'années et le séminal "Ostendit Quam Nihil Sumus", Absolutus s'échappe aujourd'hui de la tombe que ce long silence semblait lui promettre. Désormais réduit à une entité solitaire entre les mains du seul Abstrusus, on ne sait finalement pas grand-chose de ce projet venu de l'obscurité belge.
Quand les informations, les balises après lesquelles il est confortable de se raccrocher manquent, il ne reste donc plus que la musique sombre, forcément sombre, aussi torturée que tortueuse, gouffre ténébreux au fond duquel macèrent des miasmes méphitiques. Offrande exaltant les forces telluriques d'un black metal corrosif, "Pugnare In Iis Quae Obtinere Non Possis" est de ces albums capable d'avaler toute trace de lumière, plongeant celui qui s'abîme dans ces sinistres arcanes dans une nuit sans fin.
Si son aîné déroulait un menu fait de longues pulsations, cet opus résurrectionnel au contraire multiplie les petits coups de boutoir, ne franchissant jamais la barre des cinq minutes. Mité par quatre pistes (sur neuf) aux confins du dark ambient, l'œuvre défile donc très vite. D'aucuns le regretteront, estimant, peut-être à raison, qu'on attendait davantage d'Absolutus, après ces années d'abstinence que cette hostie d'une petite demi-heure à peine.
Pourtant, de cette courte durée " Pugnare In Iis Quae Obtinere Non Possis" tire une bonne part de son intensité souterraine. De même, ses respirations instrumentales et désincarnées, loin de marquer une pause, participent d'une atmosphère lugubre. Après 'Abssysus Abyssums Invocat', rituel oppressant qui installe d'emblée ce décor mortifère, déboule 'Sunt Verba et Voces Praetereaque Nihil', convulsion haineuse et rapide que vrillent des lignes de guitares maladives en une froide brutalité que poursuit ' Credo Quia Absurdum'.
On leur préfèrera 'Ego Sum Qui Sum', ses préliminaires suffocants, ses breaks d'une lancination polluée, ses riffs qui déraillent et son final apocalyptique, transition vers une seconde partie où les ambiances brillent d'un éclat noir, à l'image du titre éponyme, froid magma secoué par de multiples soubresauts, tour à tour rapide ou d'une lourdeur démoniaque.
Absolutus n'a nul de besoin d'étirer sa trame pour distiller une négativité profonde, exploitant au contraire ce schéma resserré et tendu comme le foc d'un navire pour concentrer un amas bouillonnant aux allures de cérémonies incantatoires. Ce faisant, il accouche d'un monstre à la gloire d'un art noir à la fois tranchant et cérébral. (Childéric Thor@2015)
dimanche 27 septembre 2015
Krönik | Cold Dark Matter Records - Prima Giedi (2014)
On peut être un modeste (par la taille non par la valeur) label et pourtant réussir l'exploit de rassembler sur une même affiche ce qui se sait de mieux en terme d'Ambient Indus sludge doom etc... hexagonal (surtout). Ce label, c'est Cold Dark Matter dont les deux premières offrandes, celle de FANGE et le split LEBEN OHNE LICHT KOLLECTIV / IMMEMORIAL, nous avaient déjà bien remué les tripes.
L'affiche, c'est une doube compilation baptisée Primo Giedi au menu pantagruellique qui se divise en deux parties, "Deimos" puis "Phobos", soit, excusez du peu, près de deux heures de son(s) ! Et ce qui aurait pu se solder par un gros plat indigeste difficile à terminer, s'enfile avec une étonnante aisance. Car ce qui aurait pu ne se réduire qu'à un catalogue aussi incohérent que fastidieux épouse au contraire la forme d'un ensemble indivisible dont l'apparente hétérogénéité ne grève pas une progression intelligement élaborée où chaque morceau s'imbrique dans un édifice d'art total.
Quel rapport en effet et à priori, entre la dark ambient métaphysique de TREHA SEKTORI et le sludge spatial de BITCHO ? Entre le Doom de HAXO et l'indus mélancolique de KILL THE THRILL ? Peu de choses peut-être si ce n'est la même encre noire du désespoir qui a servi à leur écriture. Pourtant, une belle fluidité caractérise cette indispensable compilation derrière laquelle on sent la présence d'un démiurge qui possède une vraie vision artistique aussi bien qu'esthétique.
Damien Luce, qui en a profité pour y glisser un titre de son ART 238, est ce magicien qui a donc conçu cette somme comme une oeuvre à part entière, bloc aussi halluciné qu'hallucinant, aux dimensions monstrueuses. Du coup, vouloir en détailler soigneusement le menu, piste par piste, semble absurde et contraire à sa forme volontairement unitaire.
Mentionnons toutefois certaines d'entre elles, les contributions respectives de JESSICA 93, qui a des allures d'une respiration salvatrice, quoiqu'obsédante, au milieu de ce magma étouffant, de HENDIADYS et sa longue plainte d'une ambient décharnée et cosmique. Citons également V.I.O.L. et son infernal titre éponyme de quasiment trente aliénées minutes. Sans oublier le 'Berhn Enh Seh Erha' d'un TREHA SKTORI fidèle à un style dont il ne se départira sans doute jamais, ce qu'on ne lui demande pas de toute façon.
Mais arrêtons-là cette description afin de vous laisser emporter par ce voyage aussi sombre que trippant vers des sphères inconnues... (Childéric Thor@2015)
lundi 6 avril 2015
Krönik | Desiderii Marginis - Hypnosis (2014)
Johan Levin nous aura décidément gâtés durant cette année 2014, pendant laquelle il aura offert deux albums, "Thaw" pour commencer, dont le statut de simple compilation ne le rend pas moins pas indispensable, et surtout "Hypnosis", une double ration de musique (?) pour succéder à "Procession" qui, il y a trois ans, marquait le grand retour du Suédois après un hiatus de plusieurs années. Son titre - inodore - ainsi que son visuel peu inspiré ne doivent bien entendu pas vous faire passer à côté de cet opus qui confirme au moins deux choses. D'une part que la Dark Ambient, bien qu'hermétique et exigeante, est loin d'être un genre figé et uniforme, palpitant au contraire d'une richesse qui semble sans fin, mais cela, on le savait déjà. D'autre part que Desiderii Marginis affiche depuis sa résurrection une inspiration décuplée et plus belle que jamais, même si cela, on le savait aussi. Du haut de ses (presque) deux heures de son(s), on aurait pu craindre que "Hypnosis" s'essouffle sur la durée ou soit difficile d'accès. Il n'en est pourtant rien, témoignant encore une fois et si besoin en était, du talent du bonhomme qui réussit tout du long à captiver, à passionner, nous emportant avec lui dans ce voyage introspectif, propice au recueillement. Si elle se drape dans le voile spectral d'une beauté absolue, l’œuvre n'en demeure pas moins minée par une tristesse qui l'est tout autant. Comment à ce titre ne pas être touché jusqu'au plus profond de son cœur, de son âme, par une plainte telle que 'Lazarus Palace', monument sécrétatoire d'une mélancolie aussi superbe que mortuaire ? Comme toujours, la Dark Ambient que tisse Desiderii Marginis se révèle plus émotionnelle que menaçante, des émotions trempées dans l'encre noire du désespoir le plus glacial. Englué, pétrifié par un souffle funéraire. C'est un art froid comme la roche en hiver et d'une dimension presque religieuse, art de la contrition face à une faute qui ne peut être pardonnée. "Hypnosis" est également traversé par nombre de fulgurances, puisées dans une palette de sonorités diverses bien qu'homogènes : samples de voix désincarnées ('Black Feathers'), soundscapes frissonnants ('Unmasked'), bruitages corrosifs qui rouillent la surface de ces complaintes étirées, lesquelles semblent se déliter à l'infini, déroulant un tapis aux limites floues d'émanations sombrement hypnotiques, et charriant des images de mort, de solitude et de douleur. A l'arrivée, Desiderii Marginis nous régale avec cette œuvre monumentale pour laquelle une vie entière ne suffira jamais pour en déceler tous les trésors nichés dans sa funèbre intimité. (cT2015 | Music Waves)
Dark Ambient | 108:00 | Cyclic Law
lundi 23 mars 2015
Krönik | Northaunt - Istid (2015)
Exception (bien) faite de "The Borrowed World", transposition sonore de "La route", le best seller de Cormac McCarthy, publié en 2013 et l'associant à une autre figure tutélaire de la Dark Ambient, Svartsinn, cela faisait déjà neuf ans avec le remarquable "Horizons" que Northaunt n'avait pas enfanté de nouvel album ! C'est dire à quel point "Istid" était attendu comme une espèce de Graal fabuleux et fantasmé. Cette quatrième offrande est-elle à la hauteur de cette interminable attente ? Inutile en fait de tourner autour du pot : la réponse est affirmative. Forcément. D'autant plus que le Norvégien a plus que soigné son retour, n'offrant pas seulement un simple album mais une double dose d'Ambient arctique. Bien que "voyant la nuit" par le biais du précieux Cyclic Law, que l'on ne présente plus, cet opus pourrait très naturellement se glisser au sein du catalogue d'un autre label, plus confidentiel bien que tout aussi passionnant, l'italien Glacial Movements dont il ne partage pas que le photographe quasi attitré, Bjarne Riesto, mais surtout cette même passion pour les froides étendues polaires, muse gelée qui se pare d'un voile d'étrangeté. Même si elle est divisée en deux parties, l’œuvre réclame d'être appréhendée comme un unique périple à travers ces paysages irréels, presque au bout du monde, là où l'homme n'a pas sa place, comme une verrue qu'il faut détruire. Il est donc vain de vouloir émietter "Istid" au risque d'en atténuer la force sourde tant les huit plages qui le composent semblent se fondre les unes dans les autres en un tout indivisible, longues pistes aux contours flous d'une langueur frissonnante. Insaisissables, elles se drapent d'atours fantomatiques. Crépusculaire et parfois lugubre, l'album capte la beauté mystérieuse de ces déserts blancs. En résulte une bande-son d'où pulse un souffle glacial qui emporte tout, libérant des images puissamment évocatrices. L'écouter seul dans l'intimité d'une pièce avalée par l'obscurité en fermant les yeux tient de l'expérience d'un voyage aussi bien sonore que visuel, guidé par ces nappes froides qui paraissent s'étendre à l'infini pour finalement mourir peu à peu et se couler dans ces terres figées par un silence éternel... Reste que les mots manquent ou semblent vides face à une telle musique dont l'essence se révèle au final impossible à retranscrire fidèlement par l'écrit. D'une grande pureté de touches et de traits, "Istid" signe l'apogée créatrice de Northaunt. Plus que jamais, il illustre que la Dark Ambient ne s'explique pas car elle est une question de foi... (cT2015 | Music Waves)
Dark Ambient | 79:00 | Cyclic Law
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