mercredi 11 novembre 2015
lundi 9 novembre 2015
dimanche 8 novembre 2015
Krönik | Hellveto - Wiara, nadzieja..., potępienie (2010)
Pondre un
album par an ne lui suffit plus. Non, L.O.N. n’a rien trouvé de mieux à faire
cette fois-ci que d’enfanter ni plus ni moins qu’une double ration de musique
pour près de deux heures d’un Black Metal gonflé au paganisme d’Europe de l’Est
et dont on n’aurait pas pensé qu’il puisse un jour aboutir à une œuvre aussi
belle.
Car, le polonais a beau tout faire tout seul comme un grand et comme
d’habitude, il aboutit avec Wiara, nadzieja..., potępienie à une épopée
symphonique qui rode souvent à la lisière du grandiose. Avec une économie de
moyen qui est tout à son honneur, le misanthrope nous emporte très loin, dans
les steppes orientales, dans un monde de légendes et d’histoire d’où rugissent
le cri des armes et des batailles ancestrales.
Evoquant parfois la beauté
tribale du voisin Negura Bunget, Hellveto creuse un tertre envoûtant avec un
chant rugueux et des guitares en forme de pinceau hypnotique. Loin d’en
amoindrir la portée, les claviers, omniprésents, au contraire servent à colorer
l’ensemble de touches folkloriques et pagan qui réussissent l’exploit d’éviter
le piège du ridicule. Alors certes, la prise de son pourrait être plus
puissante, plus ample mais sa modestie confère à cet album le charme de l’artisanat
et du travail authentique.
Le premier disque agglomère sept chevauchées au
format traditionnel. C’est souvent majestueux, toujours épique et d’une poésie
presque cendreuse. Le second versant quant à lui déroule un menu uniquement
instrumental avec trois pistes de plus de vingt minutes chacune. De fait,
celles-ci arbore le visage le plus symphonique – ce qui ne signifie pas qu’il
soit pompeux – du projet polonais pour une réussite mitigée car émaillée de
moments franchement magnifiques (« Kry ») mais dont la structure
aurait sans doute méritée quelque coups de ciseaux. L’exercice démontre en
outre que la musique d’Hellveto, nonobstant ses qualités d’écriture a besoin de
lignes vocales pour atteindre sa pleine (dé)mesure.
Dans tous les cas, le fan en
aura pour son argent avec cet essai qu’il est permis de considérer comme un des
plus appliqués du stakhanoviste Polonais. (ChildéricThor@2010)
jeudi 5 novembre 2015
Krönik | Haeresiarchs Of Dis - Denuntiatus Cinis (2010)
Il est
toujours étonnant de voir comment une terre aussi ensoleillée que la Californie,
temple des apparences, peut cependant être le terreau d’une scène Black Metal
fertile et pas des plus affables. On pense bien entendu à Xasthur ou à
Leviathan, mais aussi au méconnu Haeresiarchs Of Dis qui, comme ses aînés,
adopte la forme d’un on-man-band.
Bien que secondé de temps à autre par divers
intervenants/accessoires, Cernunnos, puisque c’est comme cela qu’il s’appelle,
est une pieuvre enfermée dans sa cave. Chant, guitare et programmation n’ont
aucun secret pour lui. Quoique déjà auteur d’une démo et d’une première prière
pour les morts, beaucoup le découvriront sans doute avec Denuntiatus Cinis,
tourbillon cauchemardesque et épuisant d’un art noir extrêmement sombre,
baroque et tendu comme une verge. Etouffant.
Prétendre que l’Américain ne
facilite pas la pénétration de son univers tient de l’euphémisme tant il parait
peu aisé de s’enfiler d’une seule traite les 77 minutes que dure ce méfait,
alternance entre longues et furieuses scarifications aux angles ténébreux
(« Intent The Augury », « Intent The Proem ») et courtes
pauses qui permettent de reprendre un petit peu son souffle (« Bemoan The
Fallen »).
Parfois au bord de l’indigestion, Denuntiatus Cinis est une
œuvre tentaculaire d’où jaillissent des fulgurances (« Ad Baculum »,
que zèbre un chant clair à la Solefald)
mais dont l’extrême densité l’empêche de s’imposer réellement. Bref, de bonnes
idées, un sens de la négativité palpable, des passages assez sublimes par
moment mais le disque est bien trop long, à l‘instar déjà de son prédécesseur,
Overture, il y a deux ans.
Cernunnos aurait été bien inspiré de donner quelques
coups de ciseaux de ci de là. N’est pas Leviathan qui veut, influence évidente
d’un projet néanmoins intéressant en cela qu’il développe un Black Metal
extrêmement dur et tortueux. (ChildéricThor@2010)
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