lundi 9 novembre 2015

BC | The Heavy Crawls - S/T (2015)


dimanche 8 novembre 2015

Krönik | Hellveto - Wiara, nadzieja..., potępienie (2010)


Pondre un album par an ne lui suffit plus. Non, L.O.N. n’a rien trouvé de mieux à faire cette fois-ci que d’enfanter ni plus ni moins qu’une double ration de musique pour près de deux heures d’un Black Metal gonflé au paganisme d’Europe de l’Est et dont on n’aurait pas pensé qu’il puisse un jour aboutir à une œuvre aussi belle. 

Car, le polonais a beau tout faire tout seul comme un grand et comme d’habitude, il aboutit avec Wiara, nadzieja..., potępienie à une épopée symphonique qui rode souvent à la lisière du grandiose. Avec une économie de moyen qui est tout à son honneur, le misanthrope nous emporte très loin, dans les steppes orientales, dans un monde de légendes et d’histoire d’où rugissent le cri des armes et des batailles ancestrales. 

Evoquant parfois la beauté tribale du voisin Negura Bunget, Hellveto creuse un tertre envoûtant avec un chant rugueux et des guitares en forme de pinceau hypnotique. Loin d’en amoindrir la portée, les claviers, omniprésents, au contraire servent à colorer l’ensemble de touches folkloriques et pagan qui réussissent l’exploit d’éviter le piège du ridicule. Alors certes, la prise de son pourrait être plus puissante, plus ample mais sa modestie confère à cet album le charme de l’artisanat et du travail authentique. 

Le premier disque agglomère sept chevauchées au format traditionnel. C’est souvent majestueux, toujours épique et d’une poésie presque cendreuse. Le second versant quant à lui déroule un menu uniquement instrumental avec trois pistes de plus de vingt minutes chacune. De fait, celles-ci arbore le visage le plus symphonique – ce qui ne signifie pas qu’il soit pompeux – du projet polonais pour une réussite mitigée car émaillée de moments franchement magnifiques (« Kry ») mais dont la structure aurait sans doute méritée quelque coups de ciseaux. L’exercice démontre en outre que la musique d’Hellveto, nonobstant ses qualités d’écriture a besoin de lignes vocales pour atteindre sa pleine (dé)mesure. 

Dans tous les cas, le fan en aura pour son argent avec cet essai qu’il est permis de considérer comme un des plus appliqués du stakhanoviste Polonais. (ChildéricThor@2010)





BC | Barus - EP (2015)


jeudi 5 novembre 2015

Krönik | Haeresiarchs Of Dis - Denuntiatus Cinis (2010)


Il est toujours étonnant de voir comment une terre aussi ensoleillée que la Californie, temple des apparences, peut cependant être le terreau d’une scène Black Metal fertile et pas des plus affables. On pense bien entendu à Xasthur ou à Leviathan, mais aussi au méconnu Haeresiarchs Of Dis qui, comme ses aînés, adopte la forme d’un on-man-band. 

Bien que secondé de temps à autre par divers intervenants/accessoires, Cernunnos, puisque c’est comme cela qu’il s’appelle, est une pieuvre enfermée dans sa cave. Chant, guitare et programmation n’ont aucun secret pour lui. Quoique déjà auteur d’une démo et d’une première prière pour les morts, beaucoup le découvriront sans doute avec Denuntiatus Cinis, tourbillon cauchemardesque et épuisant d’un art noir extrêmement sombre, baroque et tendu comme une verge. Etouffant. 

Prétendre que l’Américain ne facilite pas la pénétration de son univers tient de l’euphémisme tant il parait peu aisé de s’enfiler d’une seule traite les 77 minutes que dure ce méfait, alternance entre longues et furieuses scarifications aux angles ténébreux (« Intent The Augury », « Intent The Proem ») et courtes pauses qui permettent de reprendre un petit peu son souffle (« Bemoan The Fallen »). 

Parfois au bord de l’indigestion, Denuntiatus Cinis est une œuvre tentaculaire d’où jaillissent des fulgurances (« Ad Baculum », que zèbre un  chant clair à la Solefald) mais dont l’extrême densité l’empêche de s’imposer réellement. Bref, de bonnes idées, un sens de la négativité palpable, des passages assez sublimes par moment mais le disque est bien trop long, à l‘instar déjà de son prédécesseur, Overture, il y a deux ans. 

Cernunnos aurait été bien inspiré de donner quelques coups de ciseaux de ci de là. N’est pas Leviathan qui veut, influence évidente d’un projet néanmoins intéressant en cela qu’il développe un Black Metal extrêmement dur et tortueux. (ChildéricThor@2010)