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mardi 6 octobre 2015

Krönik | Wolfheart - Shadow World (2015)


Démarré il y a deux ans sous la forme d'un simple projet parallèle et solitaire, Wolfheart s'est mué en un véritable groupe à part entière, quand bien même il porte incontestablement la marque de son fondateur, Tuomas Saukkonen dont le pedigree, de Dawn Of Solace à Before The Dawn sans oublier Black Sun Aeon, laisse rêveur. Sa présence à la barre de ce qui est devenu son seul groupe est un double gage, gage de qualité, l'homme n'ayant jamais déçu, et gage d'un contenu glacé et cafardeux typiquement finlandais. 

Si "Winterborn", son premier signe de mort sous cette bannière, creusait un sillon bien (trop) connu, celui sculpté par Swallow The Sun, Rapture et tous les anciennes formations du bonhomme, "Shadow World" étonne par ses traits de prime abord plus directs, plus tranchants, en un mot plus death, remisant les influences de son auteur au rang d'accessoires, exception (bien) faite du terminal 'Veri' et de ses huit minutes d'une mélancolie aussi glaciale que plombée. 

Le fait que Tuoamas soit désormais entouré d'autres musiciens, dont son ancien comparse de Before The Dawn, le batteur Joonas Kauppinen, et du guitariste d'Eternal Tears Of Sorrow, Mika Lammassaari, n'est sans doute pas étranger à ce durcissement. Ainsi, 'Aeons Of Cold', malgré son intro égrenée par un piano que ne renierait pas Amorphis, abat le petit bois. Voix caverneuses et batterie façon Lapin Duracel propulsent cette amorce sur des sentiers abrupts comme le Finlandais n'en avait plus empruntés depuis très longtemps. Pourtant, en plein milieu, le ton change, se fait plus mélodique, se drapant dans un voile de beauté spectrale, qu'étirent des guitares lumineuses, balises perçant la brume qui recouvrent les étendues gelées.

En fait, dans l'intimité de chaque composition se nichent des trésors que l'on débusque pour en goûter la froide saveur, ce qui leur confère une richesse insoupçonnée. Les arpèges qui émaillent 'Last Of All Winters', les lignes de six-cordes virtuoses qui cisaillent 'Zero Gravity', les ambiances sombres qui pèsent sur 'Nemesis' révèlent par exemple à la fois cette écriture précise et cette ambivalence ténébreuse entre agressivité et mélodies. 

En dépit d'un titre des plus quelconques, "Shadow World" est encore une fois une incontestable réussite à mettre à l'actif de Tuomas Saukkonen, qu'on préfère toutefois quand il plante son lourd burin dans la roche funèbre d'un doom death polaire, comme il le faisait jadis avec un Black Sun Aeon trop tôt disparu... (Childéric Thor@2015)

vendredi 20 mars 2015

Krönik | Wolfheart - Winterborn (2013)


Du nom très moonspellien de son auteur à son visuel des plus quelconques en passant par son contenu (à priori) typique de cette école finlandaise du melodic death doom, il n’y avait rien de très original à attendre de « Winterborn », premier album de Wolfheart, originellement publié en 2013 et que ré-édite deux ans plus tard Spinefarm, opus qui s’inscrit donc dans une longue tradition nationale initiée par les Rapture et autre Swallow The Sun, recette aussi racée que glacée. Bref, ce galop d’essai était presque condamné à une seule et définitive écoute avant de partir prendre la poussière sur nos étagères chargées de disques. Mais non, justement car ce projet, qui est désormais un groupe, ce qu’il n’était pas au moment de l’enregistrement de ce disque, n’est pas celui de n’importe qui puisque on retrouve à sa barre Tuomas Saukkonen, artiste souvent inspiré pendant longtemps écartelé entre de multiples joujoux dont les plus renommés sont Before The Dawn ou Black Sun Aeon. Autant de groupes qu’il a depuis sabordé pour ne plus se disperser et épuiser son incontestable talent comme il faisait depuis une bonne dizaine d’années. Wolfheart est né de ce choix. Tout seul comme souvent, ce qui ne s’entend pas, preuve supplémentaire du savoir-faire du bonhomme, il a gravé ce « Winterborn » qui porte sa marque, indélébile et aisément reconnaissable, le sauvant de la banalité promise. Car, malgré ses airs tenaces de déjà-entendu, on sent derrière cette offrande la présence d’un musicien chevronné qui maîtrise suffisamment le style pour, sinon le transcender, au moins lui faire atteindre d’étage du-dessus. Comprendre donc qu’on tient là ce qui se fait de mieux dans le genre.
Tout y est, des mélodies froidement accrocheuses à ses riffs entêtants aux allures de vigie perçant le blizzard. ‘I’, Gale Of Winter’ et plus encore l’irrésistible ‘The Hunt’ qui, en guise d’amorce d’à peine cinq minutes au compteur, réussit d’emblée à nous attraper, ouvrant tout doucement les cuisses d’un album dont on goûte peu à peu l’intimité sombre et gelée, laquelle se cristallise, outre les exemples déjà cités, autour de pièces telles que ‘Chasm’, le lent et désespéré ‘Breath’ sans oublier les plus rapides ‘Ghosts Of Karelia’ et ‘Strenght And Valor’ qui surprennent par leurs atours agressifs. Ce faisant, Tuomas Saukkonen démontre de la plus belle des manières que son inspiration est loin, très loin même, d’être tarie, délivrant plus qu’un disque mais une leçon de death mélodique et doomy à la finlandaise où rien n’est à jeter, où chaque titre à la valeur d’un hymne intemporel. (cT2015 | Sound Protest)


Melodic Death Doom | 49:34 | Spinefarm Records
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