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samedi 24 octobre 2015
vendredi 23 octobre 2015
lundi 19 octobre 2015
mardi 13 octobre 2015
lundi 12 octobre 2015
jeudi 17 septembre 2015
Krönik | Abaton / Viscera/// - Diade(ms) (2015)
Petite rondelle de douze minutes à peine, Diade(ms) fait portant très mal. Si de loin, l'objet épouse les traits d'un simple split, en ce sens qu'il paraît unir deux groupes remplissant chacun une face avec un titre, de près, il se veut surtout le fruit d'une collaboration entre deux artisans de la chapelle Sludge/doom italienne tant leur semence semble ne faire qu'une.
Plus qu'une banale addition, ce 7'' est un tout indivisible et cohérant dont chaque partie a été conçue comme telle. Douze petites minutes peut-être mais une belle claque dans la gueule quand même. Ce bout de plastique semble peser une tonne. C'est lourd, c'est heavy, c'est evil. Son format le permettant; voyons voir ce que Diade(ms) a dans le slip.
Face A : ABATON dégueule ce 'Special Needs' atrabilaire et écorché, tendu comme une verge gonflé de haine. Le groupe gravite au-dessus d'un gouffre béant, d'une noirceur vaginale, à la lisière d'un Hardcore granitique. La lourdeur pachydermique du tempo n'empêche pas les Italiens d'enclencher de fielleuses accélérations entre deux pesants coups de boutoir. Chant de bête en rut, batterie aux allures de falaise contre laquelle vient s'écraser des guitares rongées par une sourde négativité secouent cette pulsation rageuse.
Face B : VISCERA/// accouche d'un macération au climat plus étouffant. Plus lent, 'Pandemic' fouaille les boyaux d'un death doom pétrifié dont les burins sont ces riffs granuleux aux sécrétions douloureuses et d'une triste beauté. Si la cadence s'emballe lors des dernières mesures, l'ensemble est miné par une profonde inexorabilité. C'est superbe.
Co-produit par plusieurs labels dont Diodrone et Sentient Ruin, Diade(ms) se révèle être un joyau obscur, gemme luisant d'un éclat noir qui naît de cette fiévreuse copulation entre Doom abyssal et Sludge tellurique. Dans le genre, il est indispensable. (Childéric Thor@2015)
vendredi 13 mars 2015
Krönik | Mudbath - Corrado Zeller (2014)
Plus noir, plus lourd, aller toujours plus loin sur l’échelle de Ritcher des abîmes, tel semble être le credo de toute une génération de musiciens. Les mecs de Mudbath font partie de ces scaphandriers du gros son dont le but est d’atteindre ces profondeurs privées de lumière, de s’aventurer là où l’Homme n’a encore jamais osé se rendre. Installés en Avignon, ces quatre jeunes gens en colère n’ont visiblement peur de rien, crachant aujourd’hui à la face du monde un premier parpaing aussi furieux que fiévreux capable de renvoyer tous les autres apôtres du Sludge Doom des caverne jouer à touche-pipi dans le bac à sable de la maternelle. Ni plus ni moins. De loin, « Corrado Zeller », que précédait en guise des préliminaires abruptes « Red Desert Orgy », ne se distingue par vraiment des autres brûlots du genre. Chant énervé qui hurle comme si demain ne devait plus jamais exister, guitares coulées dans le plomb et intensité organique définissent une expression des plus classiques. De près, en revanche, ça fait beaucoup plus mal, bloc de matière en fusion d’une force titanesque, édifice qui vibre d’une tension palpable et que composent trois titres. Dès l’inaugural ‘Thus I Saw The Destructive Voracity Of An Obsessive Ritual’, plainte mortifère qui voit le groupe, durant ses dix minutes au jus, dégeuler un venin obsédant, humeur vicieuse pourtant non dénuée d’une forme de beauté, une beauté crasse, le ton est donné, pétrifié et maladif. Trois parties comme dans tout récit tragique, véritable magma belliqueux dont on ne sort pas indemne, torrent de haine constamment au bord de la rupture. Aller jusqu’au bout tient du chemin de croix, acte de pénitence qu’illustrent les 18 minutes du terminal ‘Salmonella’, macération d’une étouffante lenteur aux allures d’agonie sans fin. Ce sont les oreilles en sang et les muqueuses irritées que nous achevons son écoute. Mudbath n’est jamais aussi bon que lorsqu’il arrête le temps, lorsqu’il tricote des instants comme suspendus au dessus du gouffre sans fin, à l’image de la partie centrale de ‘Shrim Alternative Healing Center’, morceau dont la plus courte durée ne l’exonère pas d’une froide négativité. Avec « Corrado Zeller », les Fançais ont accouché d’un monstre, bête incontrôlable qui devrait faire des ravages dans les cerveaux torturés… (cT2015 | Sound Protest)
Sludge Doom | Lost Pilgrims Records
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