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lundi 2 novembre 2015
vendredi 23 octobre 2015
Krönik | Délétère - Les heures de la peste (2015)
Au risque de se répéter, on ne dira jamais assez tout le bien qu'il faut penser de la chapelle noire québécoise qui s'est peu à peu affranchi de l'influence scandinave pour façonner un art qui n'appartient qu'à elle, à sa manière froide et lugubre et nourrie d'un cadre géographique hostile. S'appuyant sur de petites labels passionnés tels que les Produtions Hérétiques ou Sepulchral Productions, FORTERESSE, MONARQUE, GRIS, SOMBRES FORETS ou SORCIER DES GLACES figurent parmi ces artisans de la nuit et du désespoir.
De part sa taille forcément réduite, cette scène canadienne est aussi une histoire de famille, une famille de musiciens qui ne se cessent bien souvent de se croiser d'un projet à l'autre, à l'image de DELETERE justement, alliance fraternelle entre Atheos (MONARQUE) et Thorleïf (VALKNACHT et ex UTLAGR). Le Black Metal que sculpte dans la glace le duo se révèle aussi cru que sinistre sans pourtant être vierge d'émotions, sentiments de désolation, de solitude, de haine... Bref, tout l'arsenal habituel certes que le groupe transcende toutefois en le drapant d'un suaire quasi religieux.
Découvert grâce à deux démos tape des plus recommandables, Inoptia et Morbo puis Sacrificiuù Necrothytum, réunies depuis sous la forme d'une compilation (De Ritibus Morbiferis - Demo Compendium), DELETERE enfante enfin une hostie séminale fortement attendue par les adorateurs de cette chapelle. Bizarrement, les premières bouchées laissent un goût mitigé dans la bouche car on ne retrouve tout d'abord dans Les heures de la peste ni le feeling hivernal et crépusculaire ni la réussite des ébauches qui l'ont précédé. Le duo paraît vouloir miser sur une aggressivité tranchante au détriment des ambiances, fonçant pied au plancher ('Prime - Exitiabilis Venatus'), propulsé par une guitare grésillante et une batterie déchaînée.
De fait, Les heures de la peste honore un black metal cru et sans concessions, froid et malsain. Du moins, est-ce l'impression qu'il renvoit lors de sa défloration. Sa richesse atmosphérique ne se dévoile qu'ensuite, par petites touches. Ce que nous aimions dans les deux premières démos est bien là mais tapi dans les replis de compositions aussi vicieuses que tortueuses. Il faut donc creuser, gratter la chair pour faire suinter un sinistre éclat lors de morbides décélérations, témoin 'Tierce - Aux thaumaturges égarés, une étoile...', auquel succède le long 'Sexte - Une charogne couronnée de fumier'.
Malgré tout souvent mélodique dans ses furieuses échapées ('Complies - Une garce vénale en majesté') voire presque épique lorsque des choeurs fendent la nuit ('Laudes - Credo II'), Les heures de la peste bouillonne de fiel et de haine mais déçoit tout de même un peu, DELETERE ayant perdu lors du passage du format démo à celui de l'album longue durée, ce qui faisait son charme obscur... (ChildéricThor@2015)
mercredi 21 octobre 2015
Krönik | Délétère - De Ritibus Morbiferis - Demo Compendium (2015)
Si les compilations n'ont, en règle générale, que peu d'intérêt, tel n'est pas le cas de De Ritibus Morbiferis - Demo Compendium. Pourquoi ? Parce que le sujet de cette somme n'est autre que DELETERE, soit une des hordes les plus excitantes de la chapelle québécoise.
Parce que son contenu, agrégat des démos Inoptia et Morbo et Sacrificium Necrothytum, éditées respectivement en 2012 et 2013 par Les Productions Hérétiques et désormais épuisées, permet justement à ceux qui n'ont pas eu la chance de se les procurer à l'époque en format cassette, d'en découvrir la teneur. Parce que cet art noir venu de notre ancienne colonie possède une identité qui lui est propre et nous est chère, glaciale et sinistre à sa manière qui ne doit rien aux Scandinaves. Parce que.
Quoi de mieux, alors que ses auteurs, Atheos (MONARQUE) et Thorleïf (UTLAGR), nous offrent en même temps et chez le même Sepulchral Productions, un premier méfait, baptisé Les heures de la peste, forcément très attendu, que de se (re)plonger dans ses deux esquisses. Dont acte. Composé de neuf pistes, c'est très simplement que De Ritibus Morbiferis s'ouvre sur celles ornant Inoptia et Morbo. Drapées dans un suaire aux teintes liturgiques à l'image des lugubres 'Credo' et 'Escarre' qui les encadrent, ces plaintes labourent les chairs d'un Black Metal lancinant mais mélodique où les guitares grésillantes s'accouplent à des claviers gothiques ('Une lampée de Ciguë'). Tout est dans les atmosphères, morbides ('Le cantique des vers') et funéraires dont le pinceau est aussi incarné par un chant crépusculaire.
Se succèdent ensuite les quatre titres animant Sacrificium Necrothytum, tout d'abord étonnamment rapides ('Milites Pestilentiae', 'Sales vestales') avant de s'enfoncer au fond de méandres reptiliennes, à l'image de 'Terveneficus' , pulsation sinistre engourdie par un cinglant désespoir qui n'est pas sans rappeler Forteresse, puis l'éponyme 'Sacrificium Necrothytum', rituel incantatoire aux confins de la Dark Ambient dont les bourdonnements malsains sont peu peu avalés par un orgue fantasmagorique duquel s'échappent des notes grêles résonnant dans une cathédrale impie en un final sombrement grandiose.
Bref, De Ritibus Morbiferis - Demo Compendium se veut la porte d'entrée idéale pour qui souhaite découvrir DELETERE, artisan majeur de cet art noir typique de l'école québécoise. (ChildéricThor@2015)
jeudi 26 mars 2015
Krönik | Decline Of The I - Rebellion (2015)
Alors même qu’elle n’en a jamais été un des membres, on ne peut s’empêcher de penser à LSK, qui rappelons-le s’est suicidée en 2013, à l’écoute ce second méfait de Decline Of The I sur lequel semble planer son fantôme. Plus qu’un hommage, « Rebellion » se veut une manière de communion avec l’esprit torturé de la jeune femme avec laquelle, A.K., le maître des lieux partageait plus que quelques projets (Vorkreist, Love Lies Bleeding) mais sans doute aussi une même vision du monde.
Du coup, plus encore que « Inhibition », son prédécesseur, cette offrande est littéralement hantée par la mort. Aucune lumière ni instants salvateurs ne la pénètrent, jamais, noir et humide corridor au fond duquel il est aisé de se perdre, de s’égarer. Oeuvre encore une fois extrêmement personnelle dont on a l’impression que ses procréateurs ont voulu (trop) la remplir jusqu’à la gueule, jusqu’à l’indigestion, jusqu’à l’écoeurement, cet opus se révèle des plus difficiles d’accès. Trop long peut-être, déglingué et maladif certainement, malsain et dérangeant sans aucun doute. Résultat, on n’en retient tout d’abord pas grand chose si ce n’est ces samples, qui sont une de ses marques de fabrique mais dont le groupe abuse (‘LOwer Degree Of God’sMight’). La reprise de Françoise Hardy (?), ‘Mon amie la rose’, rebaptisée ‘On est bien peu de choses’ attire également l’intention sans qu’on sache si celle-ci est vraie réussite. Puis peu à peu, par petites touches vicieuses, « Rebellion » fait néanmoins son trou dans notre mémoire, dans notre chair, inoculant son venin. Le mal est alors à l’oeuvre, insidieux et sournois. D’une lancinance mortifère (‘Hexenface’) ou furieusement black (‘Le rouge, le vide et le tordu’) mais labyrinthiques toujours (‘The End Of Prostration’), ces titres ont quelque chose de pandémoniums orgiaques qui finissent par séduire (?), grâce à leur éclat trouble. Reste que Decline Of The I, s’il n’a techniquement rien à se reprocher, paraît déjà montrer ses limites, celles d’un art noir au départ singulier mais qui semble l’être de moins en moins. Pour le moment, le charme vénéneux opère toujours mais pour combien de temps encore ? Le troisième album sera donc décisif…. (cT2015 | Sound Protest)
Black Metal | 47:36 | Agonia Records
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